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Coup de coeur 19 septembre 2008
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En haut de l'affiche 9 octobre 2008 - Idrissa Sibailly
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Cette comédie enjouée nous propose une amusante réflexion sur la condition de l’artiste,
rêveur par excellence, confronté aux réalités matérielles. Que faut-il sacrifier de son art pour obtenir la reconnaissance ?
Faut-il renoncer à ses rêves pour un salaire confortable ? Jusqu’au faut-il aller pour goûter à la notoriété ou comment
faire pour devenir riche et célèbre en un rien de temps ? Un mode d’emploi à ne pas suivre (surtout pas !) mais un très bon
moment de théâtre garanti.
Alphonse, Clément, Fleur et Gersande sont quatre jeunes liés par une profonde amitié et une passion commune : le théâtre.
Comme tout comédien qui se respecte, ils rêvent de strass et de paillettes. En attendant la vie de château, ils partagent un appartement
dans un quartier populaire. Mais le cumul des maigres revenus que chacun gagne avec son petit boulot ne suffit pas vraiment à payer le loyer.
Pour devenir célèbres, ils comptent beaucoup sur Alphonse, le dramaturge de la troupe. Mais sans argent, impossible de monter sa dernière pièce
qui devrait leur apporter à tous le succès et la fortune qui l’accompagne. Impossible également de faire face à l’ultimatum de leur propriétaire qui les menace
d’expulsion…

Puisque la visite du producteur en laquelle il espérait tant n’a pas été concluante, Alphonse, bien
décidé à mener ses amis au bout de leurs rêves,
va prendre les choses en main d’une façon bien plus radicale mais toujours avec poésie et philosophie...
L’exigence de la plume et du jeu
Lavinia Abbott signe, avec Célébrité : Mode d’emploi, une pièce des plus réussies. Pleine d’humour mais
également teintée d’une certaine profondeur lorsqu’elle aborde les sentiments, des plus fougueux qui animent les
jeunes artistes aux plus tempérés qui perdurent dans les vieux couples.

A l’instar d’Alphonse, le dramaturge de sa pièce, la jeune auteur n’a pas cédé à la facilité pour s’assurer les faveurs
du public. Sa plume, poétique parfois, drôle souvent, n’est jamais vulgaire. Le texte intelligent est, ici, valorisé par
une mise en scène énergique et soignée. Les scènes enjouées alternent avec les plus calmes de façon cohérente et les
effets comiques sont amenés avec subtilité. Avec tout cela, les comédiens pouvaient-ils faire autre chose que de nous
offrir une belle interprétation ? Non. Et tous ont bien été à la hauteur de cette exigence à l’instar de Margarita
Sanchez (à qui on doit la mise en scène) pour ne citer qu’elle, éblouissante dans le rôle de Mme Furstenlock von
Glocken. Chacun apporte à la pièce sa touche personnelle sans voler la vedette à ses partenaires. Il règne sur scène
cet esprit d’équipe qui porte les collectifs au bout des projets les plus ambitieux. Ainsi, apprend-t-on comment avec
un peu de sérieux et beaucoup d’ardeur chacun de nos rêves peut devenir réalité. Voici donc des noms qui eux, mériteraient
de se retrouver en haut de l’affiche pour le bonheur d’un plus grand nombre d’amateurs de bonne comédie.

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Coup de coeur 17 septembre 2008 - Maya Van Diermen
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Comment devenir une star du jour au lendemain? C’est la question que se posent les quatre jeunes comédiens Alphonse, Clément, Fleur et Gersande, les personnages de la pièce.
Dans un registre burlesque et sur un ton ironique, ce texte de Lavinia Abbott s’insurge contre la commercialisation du milieu artistique et le règne éphémère des paillettes.
Sous ses apparences de comédie, «Célébrité: mode d’emploi» s’interroge sur un phénomène propre à notre société: la fascination pour la célébrité. Dans la lignée d’un théâtre «d’opinion», la compagnie Tout Fou Tout Flamme veut ainsi sensibiliser le public à un sujet d’actualité.
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Théâtre ironique 24 septembre 2008
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Parce qu’elle a connu les galères, les espoirs et les déceptions qu’amène le métier de comédien, Lavinia Abbott a décidé de se servir de l’écriture comme exutoire. Dans Célébrité: mode d’emploi , elle aborde ces thèmes avec humour et une pointe de cynisme. L’histoire? Quatre jeunes comédiens passionnés rêvent de paillettes. Financièrement à sec, ils sont menacés d’expulsion. Tous leurs espoirs résident en une pièce de théâtre écrite par l’un d’entre eux et dans laquelle ils tiendraient tous un rôle. Encore faut-il pouvoir la produire…
Interprétée par sept comédiens dynamiques, dont l’auteure elle-même, et mise en scène par Margarita Sanchez, Célébrité: mode d’emploi propose une réflexion ironique sur la célébrité et dénonce la commercialisation du milieu artistique. «J’ai pu vider mon sac grâce à cette pièce, depuis je l’ai transformée sans arrêt, explique Lavinia Abbott. Il y a notamment une scène où mon personnage se voit refuser un rôle sous prétexte qu’elle n’a pas la «tête du moment ». C’est une chose qui m’est réellement arrivée. Et j’ignore toujours ce que signifie avoir la «tête du moment ».
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Quand je serai grande, je veux être célèbre - 24 septembre 2008
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Pour les ados d’aujourd’hui, biberonnés à la Star Academy, aux magazines people et abreuvés de blogs impudiques, la célébrité semble être devenue une sinécure. Voire pour certains une véritable vocation. Les magazines et les sites qui recensent les castings n’ont jamais été aussi rentables. Pire: en 2007, une étude révélait qu’un ado sur six abandonnerait tout pour devenir célèbre.
La quête de gloire, Lavinia Abbott connaît. Comédienne de formation, elle a rencontré tout au long de son parcours bon nombre de jeunes artistes persuadés d’avoir un avenir fait de strass et de paillettes. La petite Anglaise a donc décidé d’épingler les travers de la profession dans une pièce, Célébrité: mode d’emploi, actuellement à la Cité Bleue. (lire ci-contre)
«J’ai écrit ce scénario suite à mon expérience au cours Florent, à Paris, explique-t-elle. C’était complètement surréaliste d’y voir des débutants se prendre pour des stars, intimement persuadés de leur talent, et d’écouter les professeurs nourrir leurs rêves de notoriété. »
Notion de talent dévaluée
Si le succès du casting pour la dernière édition de la Star Academy la remet au centre de l’actualité, la fascination pour la célébrité n’a pas attendu l’avènement du petit écran pour s’imposer dans les esprits. Dans les années 50, des jeunes filles plantureuses arpentaient la Croisette durant le Festival de Cannes, dans l’espoir de se faire remarquer. Une certaine Brigitte Bardot était de celles-là. Que dire aussi du tube de Charles Aznavour, Je m’voyais déjà, toujours dans l’air du temps, qui soufflera bientôt ses 50 bougies?
Mais si la culture du «pourquoi pas moi?» ne date pas d’hier, ses règles ont changé. Aujourd’hui, être connu rend la vie plus supportable. Pour le philosophe français Vincent Cespedes, la société aurait trouvé là une solution unanime à une quête de sens. D’où le succès des émissions de télé-réalité qui font miroiter une gloire éphémère et séduisent toujours plus de volontaires.
Plus inquiétant, les forums Internet regorgent de messages du type: «J’ai 17 ans et mon rêve est de devenir célèbre. On me dit que j’ai du talent. Comment faire?» Sur le talent en question, point de précision. Là où les anciens affirment que la reconnaissance s’acquiert par le travail, les jeunes semblent avoir dévalué la notion même d’aptitude.
Rien d’étonnant pour Stéphane Aitassa, rédacteur en chef du magazine Casting, qui expliquait déjà en 2003: «Si deux tiers des lecteurs demandent une aide précise, comme des adresses pour rentrer dans le milieu, le dernier tiers est persuadé qu’il va tout déchirer. » Les quinze minutes de gloire d’Andy Warhol, auxquelles chacun pouvait théoriquement prétendre, ont fait leur temps. Aujourd’hui, les jeunes exigent davantage. Ils ont acquis les codes de la télévision et du show-business, en ont compris les règles et accepté la barbarie. Ils réclament leur droit à l’image.
L’écrivain français Fréderic Beigbeider ne s’y trompe pas: «La richesse, la beauté et la jeunesse ne font pas le poids face à la célébrité. Elle est le nouvel opium du peuple. » Etre célèbre ne signifie-t-il pas faire parler de soi? Pour les psychologues, derrière cette volonté se cache en réalité un désir de se faire entendre. D’autres préfèrent tout simplement se demander si ce culte de la célébrité ne crée pas au final une génération de paumés.
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